Écouter l'épisode 4 : L’Arcadie et vous ! avec Blaise
Transcription textuelle
Stéphane : Alors, bonjour Blaise.
Blaise : Bonjour.
Stéphane : Donc vous faites partie des travailleurs sociaux donc à l’Arcade 84. Et aujourd’hui on a des petites questions autour de la notion de l’Arcadie. Donc la première question, c’est qu’est-ce que ça vous évoque tout simplement le terme de l’Arcadie ? De façon générale.
Blaise : Le terme Arcadie, sans penser précisément à l’Arcadie telle que j’en entends parler depuis un an…
Stéphane : Tout ce que ça vous évoque.
Blaise : Le soleil, une plage en Grèce. Des poissons, des dauphins, pas de requins, une grosse baleine qui plonge paisiblement dans les profondeurs. Un héron. Alors ça je dis ça parce que je l’ai vu sur la porte. Non mais quelque chose qui… J’ai une respiration apaisée quand je pense au mot Arcadie.
Stéphane : Et dans le cadre ici plus concret, une autre vision c’est aussi cette image ?
Blaise : Alors ici là pour le coup je me réfère à ce que je sais de l’Arcadie, donc à un tiers-lieu dédié à la pair-aidance. Et pour moi c’est une extension, une suite logique à l’Arcade. Pour amplifier le panel de propositions qu’on a à l’Arcade.
Stéphane : Parfait, merci. Et alors plus spécifiquement il y a autour de l’Arcadie la notion de pair-aidance, qu’on entend bien sûr beaucoup. Surtout en santé. Qu’est-ce que ça évoque la pair-aidance pour vous, en santé mentale ?
Blaise : Alors pour moi c’est très précieux la pair-aidance parce que c’est des personnes qui ont un vécu de souffrance psychique, qui ont fait tout un travail sur elles-mêmes, et qui ont fait cet exercice de rétablissement, ce chemin du rétablissement. Et aussi l’exercice, je trouve assez difficile pour n’importe quel être humain, de mettre des mots sur des émotions et des moments de vie intenses. Et la capacité justement de mettre ces mots-là, un peu comme le poète le ferait avec des émotions, eh bien peut aider d’autres personnes qui n’ont pas encore fait ce travail de mettre des mots ou qui sont dans cette recherche. Ça peut aider à se comprendre soi-même, peut-être à s’accepter et à envisager le chemin du rétablissement.
Stéphane : Parfait, merci. Et alors ben une petite série de questions autour de la notion de parrain pour terminer. Donc vous êtes parrain d’une ou plusieurs personnes dans l’Arcadie. Déjà tout simplement, comment est-ce que vous êtes devenu parrain de quelqu’un de l’Arcadie ? D’un pair-aidant donc.
Blaise : Alors parce qu’on m’a proposé de l’être. Chose que j’ai acceptée. J’ai tout de suite questionné le mot parrain. Parce que je vois plutôt ça comme un binôme, qu’un parrain. Je trouve que ça m’a toujours questionné de me dire pour moi le parrain c’est le parrain tel que je me le représente dans la famille. Le rôle du protecteur, du parent, de l’éducateur. Dans lequel je ne me retrouve pas parce que pour moi c’est un échange entre deux personnes. Donc un binôme, un travail ensemble, une co-construction comme on aime dire dans le travail social. Et je trouve, binôme ou tandem, on pédale ensemble quoi. Et je me retrouve plus là-dedans.
Stéphane : Très bien, merci.
Blaise : Ensuite le rôle du parrain bah c’est échanger sur le vécu de la formation. C’est aussi, là actuellement sur la dernière année, l’occasion d’apprivoiser ce qu’est l’Arcadie, je pense que je suis toujours en train de le faire. On est en train de broder la collaboration qu’il y aura entre l’Arcade et l’Arcadie et c’est quelque chose qu’on doit encore développer.
Stéphane : Donc le rôle de parrain, concrètement ça consiste en quoi pour vous ?
Blaise : Alors pour moi le rôle c’était vraiment de porter la parole de mes filleuls, non je plaisante. Non mais de porter la parole du binôme dans l’équipe de l’Arcade. D’être un relais. Le relais d’une parole plus libre aussi quand on est en binôme parce qu’on s’est choisis. L’importance de pouvoir mettre des mots sur ce qu’on traverse, parce que la formation de l’Arcadie c’est quand même quelque chose d’engageant. C’est un travail sur soi assez profond. Donc ça vaut la peine d’avoir un sas ou une soupape et une personne extérieure à qui parler.
Stéphane : Très bien, merci. Et toute dernière question. Sur un plan plus personnel ou professionnel d’ailleurs, qu’est-ce que ça vous apporte ce nouveau rôle ? Quelque chose de positif, de nouveau dans votre parcours ?
Blaise : Alors la première chose c’est de la gratitude. Je suis très touché que des personnes pensent à moi comme binôme ou comme parrain. Parce que je trouve que cette décision, ce choix, dit la confiance mutuelle qui peut y avoir. Donc je le reçois très positivement. Et j’aime beaucoup penser les situations, entendre les réflexions, alimenter les réflexions, le débat. Je pense que c’est nécessaire quand on est en train de construire un lieu assez singulier, peut-être un peu pionnier sur Genève et en Suisse, et peut-être même dans le monde. Je trouve que c’est très sain de se poser toutes les questions pour pouvoir être solide sur ses appuis quand il s’agit de défendre le projet.
Stéphane : Bah on peut pas mieux terminer cet entretien. Merci beaucoup.
Blaise : Bah merci Stéphane.





